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La criminalité au Québec et au Canada :qu’en est-il?

Un article de Juristat, produit par le Centre canadien de la statistique juridique de Statistique Canada a été rendu disponible le 25 juillet dernier. Il nous brosse un portrait précis de la criminalité pour le Québec, ainsi que pour l’ensemble des provinces canadiennes, tout en fournissant plusieurs détails sur la façon dont sont calculés les différents taux et indices présentés.

Dans l’article intitulé Statistiques sur les crimes déclarés par la police au Canada, 2012, on apprend que le taux d’infractions rapportées à la police et ayant fait l’objet d’un traitement judiciaire est en baisse depuis près d’une décennie. Toutes les provinces canadiennes affichent une baisse en ce qui concerne les taux d’infractions déclarées à la police. Le taux d’infractions déclarées à la police représente le volume d’événements signalés aux différents corps policiers dans le Canada, l’article de Juristat tient de plus compte de l’Indice de la gravité de la criminalité (IGC). Ce dernier chiffre la gravité en situant un crime sur une échelle de gravité, par rapport aux autres crimes commis à travers le pays. La principale mesure utilisée pour déterminer de la gravité d’un crime est la sentence prononcée contre son auteur. L’IGC est en chute pour une neuvième année consécutive et on estime qu’il aurait diminué de 25% depuis 2006.

En 2012, le taux d’adolescents présumés auteurs d’infractions rapportés par les policiers a diminué de 7 % dans la dernière année et de 20% depuis 2009. L’IGC a aussi diminué chez la adolescents, cela pour une troisième année consécutive. La Colombie-Britannique et le Québec se classent respectivement au premier et deuxième rang des provinces ayant l’IGC le plus bas concernant les crimes commis par des adolescents.

Statistique Canada opère le programme de Déclaration uniforme de la criminalité (DUC) depuis 1962, ce qui permet d’obtenir des informations importantes sur les événements de nature criminelle traités par les corps policiers du Canada. Avec l’Enquête sociale générale sur la victimisation, il s’agit de deux sources d’informations officielles permettant d’estimer la criminalité au pays.

Le Québec et les jeunes contrevenants : que nous disent les statistiques?

De récentes données sur la criminalité au Canada, recueillies dans les dix dernières années, pourraient mettre en lumière que la philosophie d’intervention propre au Québec en matière d’intervention auprès des jeunes contrevenants contribuerait à protéger le public de façon durable.

Comme en témoigne un rapport du Centre national de prévention du crime du ministère de la Sécurité publique du Canada, publié en 2012 et intitulé Aperçu statistique des jeunes à risque et de la délinquance chez les jeunes au Canada, les taux de criminalité juvénile au Québec sont historiquement bas. Ils suivent une diminution et ceci d’année en année. Ces données sont vraies tant en ce qui concerne les taux d’infractions commises, qu’en ce qui concerne l’indice de gravité des crimes (IGC). En 2010, au Québec, l’ IGC * des crimes commis par les adolescents était le plus bas d’entre toutes les provinces et tous les territoires du Canada.

De plus, Statistique Canada dans un récent rapport publié en mai 2012 notait qu’au Québec, les causes portées devant les tribunaux pour adolescents se terminant par une sentence de garde avaient diminué. Dans les dix dernières années, les sentences de garde sont passées de 29 % en 2000-2001 à 16 % en 2010-2011. Notons que les causes se terminant par une sentence de garde sont deux fois moins importantes au Québec qu’en Ontario et elles se situent sous la moyenne canadienne. Seules trois autres provinces (Nunavut, Manitoba, Nouveau-Brunswick) ont des pourcentages plus bas que le Québec. La probation est d’ailleurs la peine la plus utilisée, non seulement au Québec, mais aussi dans le reste du Canada.

On peut interpréter que les mesures ordonnées tenant compte des caractéristiques de l’adolescent, du risque de récidive qu’il présente et des besoins criminogènes auxquels la clinique doit s’adresser, contribuent davantage à atteindre l’objectif de protéger la société, et ceci, de façon durable. Des sentences dans la collectivité, avec une attention portée tant à la neutralisation qu’à la réadaptation et à la réinsertion sociale, contribuent à protéger le public. La position des Centres jeunesse du Québec en matière d’intervention auprès des jeunes contrevenants est donc soutenue par ces récentes statistiques.

*Pour les détails permettant d’apprécier la méthodologie ayant permis de calculer l’IGC, consultez l’article Aperçu statistique des jeunes à risque et de la délinquance chez les jeunes au Canada