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Annuler une peine de probation partiellement purgée

Dans la décision R. v. J.T., l’adolescent demande au tribunal d’annuler sa peine de probation d’une durée de deux ans et de le délier pour l’avenir de toute obligation qui en découle, conformément à l’article 59(7)(b) LSJPA. Après avoir purgé une peine de trois mois de garde et surveillance en milieu ouvert, l’adolescent a purgé un peu moins que la moitié de sa probation lorsqu’il fait cette demande. À l’aube de ses vingt ans, l’adolescent souhaite éviter que son dossier soit transféré au système pour adultes.

Le juge Kenkel de la Cour de justice d’Ontario fait droit à la demande de l’adolescent. Il motive ceci par le fait que l’adolescent a bien respecté les règles de l’unité pendant sa période de garde. Depuis sa mise en liberté, l’adolescent a maintenu un emploi qui occupe la majeure partie de son temps. Sa famille mentionne des changements positifs chez lui. Le délégué jeunesse rapporte que l’adolescent s’est bien impliqué dans son suivi et est demeuré poli. Le juge mentionne également le fait que les infractions remontent à près de trois ans et demi et que l’adolescent a grandement gagné en maturité depuis. Le juge conclut que les progrès démontrés par l’adolescent constituent un motif valable d’examen de peine au sens de l’article 59(2) LSJPA.

Examen d’une peine spécifique ne comportant pas de placement sous garde

Dans la décision LSJPA-138 2013 QCCQ 2894, la Cour a été saisie d’un examen en vertu de l’article 59 LSJPA demandant spécifiquement la conversion de travaux non rémunérés en don. Au soutient de sa demande, l’adolescent alléguait notamment qu’en raison de la grève étudiante et de la compression des sessions, l’intensité des travaux scolaires requise pour réussir ses études et ses projets futurs ne lui permettait pas d’accomplir les travaux bénévoles d’ici la période d’exécution.

En réponse à l’argument voulant que la requête pour examen était irrecevable car prématurée, la Cour a indiqué aux paragraphes 25 et 27 :

« 25  En déterminant un délai minimal pour la présentation de la requête, le législateur impose un temps qu’il considère suffisant pour justifier que le Tribunal procède à la prochaine étape, soit la constatation de l’existence de motifs d’examen.  Ce délai n’est pas relié à l’exécution de la peine, mais bien au simple écoulement du temps.   La période d’exécution de la peine n’est pas pertinente à cette étape préliminaire et une telle interprétation restrictive ne rencontre pas de la vision globale de la loi. »

« 27  Le tribunal déterminant que la date d’imposition de la peine correspond à la date de son prononcé, la requête n’est pas prématurée. »

Suite à la preuve de motifs suffisants, la Cour a procédé à l’examen de la peine et elle a mentionné au paragraphe 41 ce qui suit:

« Néanmoins, le Tribunal considère qu’il y a lieu de préserver la période charnière dans laquelle se trouve l’adolescent, soit sa dernière année d’études collégiales.  Sa disponibilité doit se réserver pour ses efforts à la réussite scolaire.  La preuve révèle que jusqu’à la fin de l’année scolaire, l’exécution des travaux bénévoles risque de brimer les perspectives futures de l’adolescent, que ce soit une poursuite d’études supérieures ou son intégration au marché du travail. »