Archives de catégorie : Clinique

Des nouvelles de l’application mobile LSJPA : La trousse !

Au cours de l’été, nous avons lancé une première expérimentation d’un prototype de l’application mobile LSJPA : La trousse. Des intervenants, gestionnaires, avocats et stagiaires de partout à travers la province ont eu l’occasion de parcourir l’outil et de partager leurs commentaires sur divers aspects, tant sur la fonctionnalité que sur les contenus potentiels d’un tel outil. L’ensemble de ces commentaires seront pris en compte dans la suite du développement de l’application.

Rappelons que LSJPA : La trousse sera un outil de soutien à l’intervention visant notamment les nouveaux intervenants qui doivent appliquer la LSJPA et ce, dans l’ensemble de la province. L’outil fournira à son utilisateur des informations d’ordre clinique et légal sur différents aspects de la loi, en passant par les mesures extrajudiciaires jusqu’au placement et surveillance. On pourra y retrouver du contenu concis ainsi que des liens menant à des documents de référence plus étoffés visant les apprentissages de l’utilisateur. Des schémas explicatifs, des vidéos et autres moyens technologiques seront mis à profit pour fournir à l’utilisateur une expérience de navigation variée et complète.

L’équipe de soutien à la pratique souhaite remercier tous ceux et celles qui ont pris le temps de nous faire part de leurs commentaires, toujours très appréciés.

Nous vous invitons à suivre nos actualités pour en savoir plus sur le développement de LSJPA : La trousse !

Délinquance et maltraitance : résultats préliminaires d’une vaste étude sur les adolescents contrevenants du Québec et d’Ontario

Au cours des dernières semaines, de nouveaux résultats préliminaires d’un projet pilote mené par le Centre jeunesse de Québec – Institut universitaire ont été publiés.

Cette vaste étude, dirigée par monsieur Marc Alain, professeur à l’UQTR, portait essentiellement sur les trajectoires des jeunes ayant reçu des services en vertu de la LSJPA, tant au Québec qu’en Ontario.

L’article publié par le Centre de recherche JEFAR révèle des résultats forts intéressants concernant les adolescents contrevenants des différentes régions administratives du Québec. Dans cette étude, l’une des visées était d’expérimenter une méthode pour étudier les divers profils de délinquance émergents dans les établissements responsables depuis l’entrée en vigueur de la LSJPA en 2003.

À partir des données extraites du système Projet Intégration Jeunesse (PIJ), des analyses ont été réalisées en ce qui a trait notamment à la nature et le nombre de délits commis par les adolescents, en regroupant par catégories les délits contre les biens, contre la personne et des délits relatifs aux drogues. Deux autres catégories ont été établies, Multi moyen et Multi sévère, celles-ci regroupant la présence d’adolescents ayant commis des délits multiples.

L’étude révèle entre autres que pour 44% des adolescents du CJQ-IU qui font l’objet d’une mesure judiciaire en vertu de la LSJPA, au moins un signalement en vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse a aussi été enregistré. De plus, des différences significatives ont été observées entre les différentes catégories de délits répertoriés, ce qui semble appuyer l’hypothèse que des liens soient observables entre la délinquance et la maltraitance. Les adolescents ayant commis des délits dans la catégorie Multi sévère représente la plus forte proportion de jeunes ayant été susceptible de vivre des situations de maltraitance.

Pour en connaître davantage sur cette étude, consultez le site web du Centre de recherche JEFAR 

Ensemble pour prévenir la criminalité : portrait d’un partenariat à Trois-Rivières

Dans le cadre d’une subvention octroyée par le Centre national de prévention du crime (CNPC), l’organisme de justice alternative (OJA) Aux Trois Pivots, situé à Trois-Rivières, a développé un projet de prévention de la criminalité.

Après une analyse rigoureuse des besoins observés à la suite de l’application d’un modèle de développement social communautaire appelé « Communities That Care « , l’OJA ainsi que ses nombreux partenaires de la communauté ont uni leurs forces afin d’offrir à la population de deux secteurs de la ville le Programme de renforcement des familles.

Ce programme prometteur vise à diminuer les facteurs de risque et augmenter les facteurs de protection liés à la criminalité chez les jeunes et les familles. Le programme consiste à regrouper des familles (adolescent(e)s et parents) sur une base volontaire, en abordant diverses thématiques, tout en poursuivant l’objectif de renforcer l’attachement, la communication au sein de la famille, ainsi que les normes et règles édictées par la famille. Sous forme d’échanges, les adolescents entre eux partagent leurs idées, leurs visions et leurs désirs sur les thèmes proposés, notamment la gestion de conflit, la pression des pairs et l’expression de soi au sein de la famille. Les parents aussi échangent sur des thèmes, souvent propres aux défis qu’ils rencontrent dans l’éducation et l’encadrement de leurs adolescents. Au terme de chacun des ateliers, les deux groupes sont réunis pour échanger en famille.

Le succès d’une telle initiative repose sur un ensemble de partenaires soucieux du bien-être de leur communauté: CSSS de Trois-Rivières, Office municipal d’habitation de Trois-Rivières, Sûreté municipale de Trois-Rivières, École des Pionniers, Centre jeunesse Mauricie – Centre-du-Québec, Maison l’Entr’Amis, Maison des jeunes Action-Jeunesse et le Centre de loisirs Multi-Plus.

De plus, le suivi et l’évaluation du programme sont assurés par madame Sylvie Hamel, chercheure à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Liens entre la consommation de cannabis, jugement moral et distorsions cognitives liées à la délinquance: une récente étude se penche sur la question !

Dans un récent numéro publié par le périodique Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence, une étude menée par Walburg, Laconi, Van Leeuwen et Chabrol (2014) auprès de 972 adolescents français tente de démontrer les relations qui existent entre le jugement moral, les distorsions cognitives liées à la délinquance et la consommation de cannabis, en utilisant les variables psychopathologiques les plus significatives liées à la consommation de cannabis.

Les variables utilisées sont : les traits limites, les traits psychopathiques, l’anxiété sociale, les symptômes dépressifs et l’estime de soi. Chacune des variables utilisées fût mesurée à l’aide de questionnaires auto-répondus par les adolescents, portant sur des variables émotionnelles, socio-cognitives ainsi que liées à la personnalité.

Des résultats intéressants qui pourraient bonifier notre compréhension des distorsions cognitives chez nos adolescents consommateurs!

La réadaptation des adolescents: parution du dernier livre de Marc Le Blanc

Marc Le Blanc et Pierrette Trudeau Le Blanc, avec leur livre La réadaptation de l’adolescent anti-social – un programme cognitivo-émotivo-comportemental paru aux Presses de l’Université de Montréal au printemps 2014, font la synthèse de plus de quarante année de recherche-action auprès des adolescents québécois.

Le livre présente des notions théoriques reliées aux approches de type cognitif comportemental. Leur historique est présenté. On y décrit aussi leur migration vers une équation complexe, permettant une lecture des comportements comme étant le fruit de l’interaction entre l’adolescent, son environnement, la situation dans laquelle il se trouve, ses pensées, ses émotions et  ses sensations. Une mise à jour des connaissances concernant les caractéristiques des programmes d’intervention et de traitement dits efficaces est  de plus détaillée.

Trois modules d’intervention y sont de plus décrits. Le premier, entre autres, concerne le développement d’habiletés sociales (communication, gestion du stress,  maîtrise de la colère,  résolution de problèmes et  gestion de la consommation de drogues)tandis que le second vise l’analyse des comportements en excès dans le but d’identifier les déficits qu’ils comblent et les comportements alternatifs à mettre en pratique.

Les auteurs présentent de plus un processus menant à l’implantation de ce programme d’intervention basé sur de solides bases théoriques et ayant fait l’objet d’études sur une cohorte d’adolescents québécois.

Après avoir influencé une génération de cliniciens œuvrant auprès des adolescents en centres jeunesse au Québec, avec leur livre Intervenir autrement:le modèle différentiel et les adolescents en difficulté (paru en 1998 aux Presses de l’Université de Montéral), le présent ouvrage de Le Blanc et de Trudeau-Le Blanc est une suite intéressante et pertinente. Elle témoigne de la constante évolution des pratiques et du souci des auteurs de se tourner vers des méthodes d’évaluation qui permettent de tester scientifiquement le caractère probant du programme qu’ils ont développé en matière de réadaptation des adolescents.

Mentionnons dernièrement la participation de quatre Centres jeunesse à ces travaux d’envergure, soient les centres jeunesse de l’Estrie, de Lanaudière, de Québec-Institut universitaire et de Montréal- Institut universitaire.

 

Adolescentes contrevenantes: L’ACJQ met en ligne un guide de soutien à la pratique

L’Association des Centres jeunesse du Québec  (ACJQ) organisait au printemps 2014 une journée dont l’objectif consistait à réunir les acteurs clés des différents Centres jeunesse du Québec autour de la thématique des jeunes contrevenantes. Cette journée a de plus été l’occasion de lancer le fruit d’un travail exhaustif, soit définir un cadre de théorique et un guide de soutien à la pratique visant les jeunes contrevenantes.

Plusieurs Centres jeunesse du Québec ont participé à ce travail qui permet de définir les caractéristiques des jeunes contrevenantes, tant personnelles, sociales, que les caractéristiques liées à leur délinquance. Le cadre de référence aborde des notions théoriques qui aident l’intervenant à comprendre la délinquance des adolescentes. Il précise de plus les caractéristiques d’une offre de service propre aux adolescentes contrevenantes et il illustre les approches cliniques en cours d’expérimentation dans différents Centres jeunesse du Québec.

Un ouvrage de référence incontournable!

Pour le consulter, cliquez ici

Connaissez-vous le MAYSI-2?

Le Massachusetts Youth Screening Instrument (MAYSI-2; Grisso et Barnum, 2000, 2003, 2006) est un instrument auto-répondu qui contient 52 items de type oui/non. Il a été développé pour identifier, chez les adolescents judiciarisés de 12 à 17 ans, ceux qui font l’expérience de pensées, de sentiments ou de comportements qui pourraient être des indicateurs de l’émergence de problèmes psychologiques. Il permet donc le dépistage de problèmes mentaux plus importants qui nécessiteraient, par exemple, une intervention immédiate ou spécifique. Il permet à n’importe quel moment du processus judiciaire, ou pendant l’application de la peine, d’évaluer les symptômes attribuables à une détresse émotive et/ou mentale. Il permet de plus de déceler les potentiels états de crise.

Il contient les 7 échelles suivantes : Drogues et alcool (8 items), Colère-Irritabilité (9 items), Dépression-Anxiété (9 items), Plaintes somatiques (6 items), Idéations suicidaires (5 items), Troubles de la pensée (5 items), Expériences traumatiques (5 items).

Les items contenus dans le MAYSI-2 ont été développés, dès 1994, à partir d’une revue de la littérature scientifique portant sur les symptômes associés aux problèmes de santé mentale les plus fréquents. Ce bassin d’items a ensuite été mis à l’essai afin d’en tester la validité apparente. Par la suite, le MAYSI-2 a fait l’objet d’études visant à identifier des échelles ayant une consistance interne acceptable, à développer des normes entourant sa pratique et à identifier les propriétés métriques de l’instrument.

La principale étude portant sur la structure des facteurs contenus dans le MAYSI-2 a été menée par Grisso, Barnum, Fletcher, Cauffman,  Peuschold (2001). Elle permet d’identifier à partir d’un échantillon de filles et de garçons des états du Massachusetts (n=1 279) et de la Californie (n=4004) l’émergence des mêmes facteurs tant pour les filles que pour les garçons des deux états. Les auteurs mentionnent toutefois que certains items se comportent différemment dans l’échantillon de filles, cela pour deux échelles, soit Plaintes somatiques et Dépression-Anxiété.

En ce qui concerne les filles dans le système de justice pénale pour adolescents, l’Association des centres jeunesse du Québec organise demain une journée entière dédiée aux jeunes contrevenantes. Surveillez notre blogue pour davantage de détails!

Contrevenants et baisse de la récidive: quels besoins prioriser en cours d’intervention?

Un article scientifique vient tout juste de paraître dans la dernière publication de la revue Criminal Justice and Behavior, volume 41, numéro 3, du mois de mars 2014. Les auteurs, Wooditch, Tang et Taxman de l’Université George Mason en Virginie, s’intéressent aux besoins dit criminogènes, qui sont en fait des facteurs de risque dynamiques. Ces facteurs de risque dynamiques sont reconnus dans la littérature comme étant les cibles appropriées à viser en cours d’intervention avec les contrevenants si on souhaite voir diminuer les risques de récidive (Andrew et Bonta, 2010). Ils sont représentés par les sept domaines suivants: les attitudes et les cognitions antisociales, les comportements antisociaux, les pairs antisociaux, les relations familiales, l’école et/ou le travail, la consommation de drogue et d’alcool, l’absence de loisir et d’activité récréative structurée.

Dans leur article intitulé «Wich Criminogenic Need Changes Are Most Important in Promoting Desistance From Crime and Substance Abuse?», les auteurs de la Virginie s’intéressent aux changements qui sont survenus dans ces sept domaines, chez des contrevenants de sexe masculin (n=251). Les contrevenants étaient tous soumis à une peine de probation dans la collectivité en lien avec des infractions reliées aux drogues. Ils étaient de plus exposés à un traitement intensif de 18  semaines impliquant des interventions de types cognitives-comportementales. Les auteurs ont suivi l’évolution des probationnaires en cours d’intervention sur une période de 12 mois. L’étude tente précisément d’identifier dans quelle mesure les fluctuations qui surviennent dans ces sept domaines, dits facteurs de risque dynamiques ou besoins criminogènes, sont de bons prédicteurs de la récidive et de la consommation de drogue illicite.

Les résultats indiquent que les probationnaires arrivaient à faire changer de façon significative quelques-uns des facteurs de risque dynamiques (ou besoins dits criminogènes) après les premiers 6 mois de la période de suivi, toutefois ces changements étaient plus marqués, et susceptibles de se produire, dans les 6 derniers mois. La participation à l’intervention intensive proposée serait un facilitateur du changement pour certains facteurs de risque dynamiques. Les probationnaires pour lesquels les besoins criminogènes s’étaient améliorés dans les domaines suivants:  famille, travail et/ou école et consommation d’alcool, sont ceux dont le risque de récidive diminuait le plus significativement. On peut penser qu’il s’agissait des facteurs de risque les plus représentés dans l’échantillon de 251 probationnnaires. De plus, les probationnaires ayant investi davantage le domaine des activités de loisirs et récréatives strucutrées sont ceux qui étaient les moins susceptibles de révéler faire usage de drogue.

Les auteurs concluent en disant que le modèle RBR identifient les domaines les plus fortement associés à la récidive comme étant: les attitudes et les cognitions antisociales, les pairs antisociaux, et les antécédents judiciares. Cette étude ne corroborent qu’en partie les résultats du modèle RBR. Les auteurs mettent plutôt en évidence la capacité de changer des contrevenants dans de courtes périodes de temps et l’importance de s’adresser aux besoins dits criminogènes en cours d’intervention. De plus, pour certains contrevenants, dont ceux sanctionnés pour des infractions reliées aux drogues, des interventions ciblant davantage leurs capacités sociales ( la famille, l’école, le travail et les loisirs structurés) que leurs capacités criminelles (attitudes et cognitions antisociales, pairs antisociaux) seraient efficaces en terme de réduction de la récidive.

Journées de formation sur la traite des personnes

Deux journées de formation ayant pour thème La traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle se sont tenues la semaine dernière à l’école Nationale de police du Québec. En effet, le Service du renseignement criminel du Québec a offert un programme plus que complet où différents experts étaient rassemblés dans le but de communiquer et partager la richesse de leur expérience professionnelle autour du phénomène de la traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle. Parmi ceux-ci étaient rassemblés des représentants des Procureurs aux poursuites criminelles et pénales, des représentants des corps policiers de Longueuil (SPAL) et de Montréal (SPVM), une personne ayant vécu la traite et l’exploitation sexuelle, une docteure en psychologie et psychologue clinicienne ainsi que la fondatrice de la Maison de Marthe, qui vient en aide aux femmes qui souhaitent sortir de la prostitution.

Inutile de rappeler que le phénomène de traite de personnes et d’exploitation sexuelle touche plusieurs jeunes mineures qui reçoivent des services des centres jeunesses, que ce soit sous le couvert de la LPJ ou de la LSJPA. À ce titre, mentionnons nos collègues du Centre jeunesse de la Montérégie qui s’illustrent par leur expertise développée dans le cadre du projet Mobilis. Les acteurs principaux du projet Mobilis, madame Pascale Philibert, APPR au CJ Montérégie et monsieur Martin Valiquette, du SPAL, étaient invités à titre de conférenciers aux journées de formation sur la traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle. Ils ont su, dans le cadre de ces journées, démontrer les retombées positives de ce projet et illustrer la plus-value du partenariat et des actions concertées visant le phénomène de la traite et de l’exploitation sexuelle.

 

DSM-5:L’Association américaine de psychiatrie dévoile la nouvelle version du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux

Bien que récent, le DSM-5 suscite déjà beaucoup l’intérêt de la communauté clinique et scientifique. Cette récente sortie du DSM-5 remet à l’avant plan la thématique de la santé mentale, ce qui amène les médias à s’y intéresser.   L’article suivant: Psychotropes prescrits aux jeunes: plus d’ordonnances, peu de suivi, paru le 26 mai dernier aborde la santé mentale des jeunes.

Mentionnons enfin que le magazine Québec Science tiendra « un bar des sciences » portant sur le sujet.  L’événement intitulé « Sommes-nous tous fous ? » aura lieu le 4 juin 2013 de 17h30 à 19h00 au bistro l’Barouf situé au 4171, rue Saint-Denis à Montréal. L’entrevue sera, de plus, diffusée le dimanche suivant à l’émission aux Années Lumières (12h00 à 14h00) sur La Première Chaîne de Radio-Canada.  Les invités sont madame Marie-Claude Guay, vice-présidente, Ordre des psychologues du Québec, monsieur Yves Lamontagne, ex-président du Collège des médecins du Québec ainsi que monsieur Jean-Claude Saint-Onge, philosophe et écrivain.