Archives d’auteur : Francis Camiré

Inscription à la Journée des cliniciens LSJPA

C’est avec grand plaisir que nous vous convions le 10 mai prochain à la 1ère édition de la Journée des cliniciens LSJPA. Concrètement, celle-ci aura pour thème tout ce qui concerne les infractions à caractère sexuel (clientèle, évaluation, intervention, recherche, etc).

Cette journée de formation clinique s’avère une occasion unique pour toute personne d’approfondir ses connaissances et réfléchir sur le thème abordé. Voici les conférences qui seront offertes au courant de cette journée :

  • L’évaluation du risque et l’orientation de l’intervention, par Jean-Pierre Guay, Ph.D. à l’École de Criminologie de l’Université de Montréal
  • Le traitement des infractions sexuelles en sanctions extrajudiciaires: des balises pour l’évaluation et l’orientation, par Alexandrine Deland-Bélanger, conseillère en développement professionnel-APPR; Marie-Josée Deshaies, chef de service de l’équipe Délinquance Ouest; Kim Latulippe-Fourre, déléguée à la jeunesse dans l’équipe Délinquance Ouest, du CISSS Montérégie-Est
  • Challenges (Défis) : Évaluer et traiter les familles avec des enfants qui commettent des actes de violence sexuelle, par Sean Anthony Belpulsi, travailleur social au Services de support clinique du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal (Famille Batshaw)
  • Ça suffit : service de soutien pour les personnes en proie à des fantasmes sexuels envers les mineurs, par Julie Simonneau, criminologue et coordonnatrice des services à la clientèle du Centre d’intervention en délinquance sexuelle (CIDS)
  • Programme pour les adolescents ayant commis une infraction à caractère sexuel (PACIS), par Josée Bouchard, travailleuse sociale, spécialiste en activités cliniques, formatrice PACIS, du CIUSSS-CPEJ-LSJPA Saguenay-Lac-St-Jean
  • Programme d’évaluation et de traitement pour adolescents auteurs de transgression sexuelle (PAATS) :  portrait de la clinique et réflexion entourant certains enjeux du travail multidisciplinaire auprès de cette clientèle, par Nathalie Auclair, criminologue, et Ariane Polisois-Keating, psychologue de l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel

Étant donné la situation sanitaire actuelle, vous pourrez donc assister à la formation de manière virtuelle par l’entremise de la plateforme numérique Teams. Notez qu’il n’y a aucun frais d’inscription.

L’inscription se fait ici:

https://teams.microsoft.com/registration/KP7hBotfdUC_bK4kvhp5kg,sYQi2h5sy0KKzgzouBvKxQ,E_uoTfXyvUS5N0zipqeQgQ,F6NCUN7VR06YQZXKR9g9yw,xwDzSqWQKk2FqrGIAd_IeQ,3uaCflQ5q0WEg80YEAlYlQ?mode=read&tenantId=06e1fe28-5f8b-4075-bf6c-ae24be1a7992 

N’hésitez pas à faire circuler la présente invitation dans vos réseaux. Au plaisir de vous y voir (virtuellement) en grand nombre ! 

Programme LOTUS

L’équipe du soutien provincial en LSJPA est fière de partager avec vous les pratiques cliniques probantes ainsi que les projets qui sont en cours dans les différentes régions du Québec. Dans l’article d’aujourd’hui, nous souhaitons vous faire connaître le programme LOTUS de Boscoville (site de Boscoville).

Mise en contexte

En 2018-2019, suite à plusieurs demandes de professionnels et gestionnaires de certaines régions quant aux meilleures pratiques à offrir aux jeunes suivis en vertu de la LSJPA, Boscoville a entamé un projet portant sur l’amélioration des services et des pratiques auprès de cette clientèle.  Dans un premier temps, une évaluation provinciale des besoins a été effectuée. Dans les faits, les entrevues avec les gestionnaires, intervenants de soutien clinique, délégués à la jeunesse et éducateurs ont permis de constater les besoins suivants :

  • Transposition des résultats du YLS-CMI 2.0 à l’intervention;
  • Structure des rencontres individuelles;
  • Techniques et outils concrets d’intervention selon les approches probantes;
  • Complexification des problématiques des jeunes;
  • Supervision, formation et accompagnement clinique des délégués à la jeunesse;
  • Collaboration/harmonisation des services LSJPA internes et externes.

Dans un deuxième temps, tous les résultats ont été analysés, compilés et présentés lors du séminaire LSJPA le 20 septembre 2019 à Boscoville (consulter la présentation). Le rapport a permis de rassembler les différentes observations réalisées dans le cadre de cette évaluation provinciale, notamment en lien avec les besoins et défis et rapportés par les milieux. Voici un extrait des conclusions tirées par Boscoville :

« Les constats cliniques ressortant de l’analyse du portrait provincial de prestation de services offerts aux jeunes LSJPA se rapprochent des études sur l’utilisation du modèle RBR. En effet, la similitude observée se rapporte à la difficulté de transposer les résultats de l’évaluation du risque de récidive et des besoins criminogènes des jeunes à la planification et à l’actualisation de l’intervention (Dyck et coll., 2018; Viglione, 2018b; Viglione et coll., 2015; Ugwudike & Morgan, 201). Pour pallier ce défi, il importe de comprendre finement le contexte environnant la mise en œuvre des pratiques ainsi que la réalité vécue par le personnel. Le développement et la pérennité d’un programme efficace reposent sur cet arrimage entre les pratiques probantes théoriques, la réalité des pratiques, ainsi que les conditions de mise en œuvre du milieu. Le programme LOTUS, dont l’expérimentation débutera en 2020, s’inscrit dans cette démarche.» (consulter le rapport)

Objectifs du programme

De cette évaluation provinciale est né LOTUS, un programme ayant pour but de soutenir la pratique clinique visant à diminuer le risque de récidive des jeunes suivis en vertu de la LSJPA (voir section Lotus sur le site de Boscoville). Concrètement, ses objectifs sont les suivants :

  • Développer et consolider les connaissances et les compétences des professionnels en lien avec le modèle RBR et les composantes clés des organisations sensibles aux traumas tout en favorisant une collaboration et un langage commun avec le personnel de la mise sous garde.
  • Soutenir l’organisation dans le développement d’une prestation de service individuelle s’appuyant sur ces bases théoriques.

Déploiement du programme

Le déploiement du programme se fait sous deux volets différents, soit celui de l’expérimentation et celui du déploiement.

En ce qui concerne le volet de l’expérimentation qui a débuté en 2020 et qui se déroulera jusqu’en 2023, Boscoville favorise une approche collaborative et de codéveloppement avec les quatre (4) régions impliquées dans le développement du programme, soit les CISSS-CIUSSS suivants : Mauricie et Centre-du-Québec, Abitibi-Témiscamingue, Capitale-Nationale et Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. Le processus de mise en œuvre du programme LOTUS avait d’abord établi des conditions préalables pour la participation des établissements, à savoir un engagement de la direction, une adhésion du personnel, que tous les participants aient préalablement reçu la formation YLS-CMI 2.0 et qu’un comité LOTUS (équipe de pilotage du projet) soit formé. Jusqu’à tout récemment, le comité LOTUS de chaque région constitué de chefs de service, d’intervenants au soutien clinique et de délégués à la jeunesse, a vécu la phase 1 qui visait l’adaptation du programme proposé par Boscoville aux besoins de leur région.

Au moment de la publication de ce texte, le processus de mise en œuvre du programme LOTUS en est maintenant à la phase 2. Donc, dans les prochaines semaines, les délégués à la jeunesse vont participer aux neuf (9) modules de formation suivants, préalablement validés par le comité LOTUS de leur région : 

  • Bases théoriques
  • Principe du risque
  • Principes des besoins
  • Sensibilité aux traumas
  • Réceptivité générale et alliance thérapeutique
  • Principe de réceptivité spécifique
  • Rencontre individuelle
  • Principe de la réceptivité générale et techniques cognitives comportementales
  • Gestion des affects des délégués à la jeunesse

Afin d’assurer une intégration efficace des éléments de la formation dans la pratique des délégués à la jeunesse, le programme offre de l’accompagnement aux équipes de chaque région participante. Par la suite, si tout se déroule comme prévu, la pérennisation du programme sera assurée dans chacune des régions, ce qui signifiera la fin de l’expérimentation et le début du déploiement du programme. Boscoville anticipe être prêts pour déployer dans des régions intéressées dès janvier 2023.

La recherche

Une recherche accompagne l’expérimentation du programme LOTUS dans les quatre régions nommées ci-haut. Elle permettra de statuer à l’efficacité du programme, c’est-à-dire à son impact sur la diminution du risque de récidive et les re-signalement chez les jeunes dont l’intervenant applique le programme LOTUS. Par des mesures pré-formation et post-formation, la recherche se déroulera jusqu’en 2024. Concrètement, Geneviève Parent et Catherine Laurier, chercheuses associées, ainsi que leurs collaborateurs, évalueront les effets et la mise en œuvre du programme LOTUS.

Les suites de cet article

Dans quelques semaines, lorsque les formations de la phase 2 seront terminées, nous publierons un texte afin de vous partager plusieurs notions et éléments du programme LOTUS. Nous espérons qu’ils susciteront votre intérêt et contribueront à l’amélioration de vos pratiques auprès des adolescents suivis en vertu de la LSJPA. D’ici là, nous vous invitons à consulter les différents liens contenus dans cet article et à nous poser vos questions si vous le souhaitez (section « Posez votre question »).

Qui est Boscoville ?

Considéré comme le berceau de la psychoéducation au Québec, Boscoville place au cœur de sa mission le développement positif des jeunes de 0 à 30 ans.

En collaboration avec les milieux universitaires au Québec ainsi qu’avec les différents acteurs travaillant directement auprès des jeunes, Boscoville participe à l’amélioration des pratiques de prévention et d’intervention en mettant en place des programmes novateurs dans les milieux préscolaires, scolaires, de réadaptation et communautaires. (site de Boscoville)

La prise de risque chez les jeunes fugueurs en centre de réadaptation

Le 11 mai 2021, l’Institut universitaire Jeunes en difficulté (IUJD) a présenté un webinaire sur la prise de risque chez les jeunes fugueurs en centre de réadaptation. Environ 450 participants ont pu assister virtuellement à cette conférence donnée par Sophie Couture, professeure au département de psychoéducation de l’Université de Sherbrooke. La présentation était divisée en deux parties, soit les résultats du projet de recherche « Fugue 1.0 » et les pistes qui seront explorées dans le projet de recherche « Fugue 2.0 ».

En introduction, la conférencière a d’abord expliqué que les projets de recherche étaient dans le but de mieux comprendre les raisons et mécanismes derrière la récurrence de la prise de risque chez les jeunes fugueurs, et ce, malgré toutes les conséquences associées. Puis, elle a partagé des modèles théoriques concernant la prise de risque chez les adolescents qui ont soutenu les recherches, soit :

1) Le modèle des systèmes doubles (Steinberg, 2010) qui se caractérise par la recherche exacerbée de sensations fortes à l’adolescence, alors que la capacité d’autorégulation est peu développée (développement normatif). Ce modèle a aidé à mieux comprendre le grand déséquilibre qui se crée vers la prise de risque dans des comportements sexuels, déviants (vols, consommation de drogue et alcool, etc) et routiers;

2) La théorie de prise de risque post-traumatique (Kerig, 2019) qui établit que des jeunes qui ont vécu de nombreux traumas prennent davantage de risques afin de reprendre du contrôle sur leur vie.

Par la suite, un court bilan a été fait concernant les facteurs de risque (individuels, sociaux, familiaux et scolaires) qui caractérisent les jeunes fugueurs et leurs différentes typologies qui ont été proposées dans les dernières années par l’INESSS et le CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. Toutefois, la première typologie ne permettait pas de distinguer les différents fugueurs en lien avec leur prise de risque et la deuxième n’avait pas été validée.

En ce qui concerne le projet de recherche « Fugue 1.0 » qui a eu lieu de 2015 à 2018, 75 jeunes non fugueurs et 125 jeunes fugueurs y ont participé. Toutefois, il faut mentionner que l’échantillon était seulement constitué de garçons.

Voici un résumé des constats qui ressortent des résultats obtenus :

1) Le déséquilibre de la prise de risque distingue les jeunes fugueurs des jeunes non fugueurs, et ce, au-delà de l’expérience traumatique antérieure vécue;

2) Ce n’est pas la fréquence des fugues qui est associée à un plus grand déséquilibre de la prise de risque, mais plutôt la présence de comportements à risque (consommation de drogue/alcool, délinquance et agressivité).

Aussi, le projet de recherche a permis d’établir de nouvelles typologies et de proposer des pistes d’intervention en lien avec leurs caractéristiques respectives :

1) Les fugueurs avec implication de la famille recherchent davantage de sensations fortes, mais cela est cohérent avec le développement normatif des adolescents. Donc, les interventions devraient viser la réduction des méfaits et une révision du plan de sorties autorisées au besoin.

2) Les fugueurs indépendants, soit la majorité de l’échantillon, ont davantage de diagnostics de trouble de santé mentale, d’anxiété et de dépression. Dans leur situation, la fugue semble être un mécanisme de « coping » (d’adaptation). Donc, les interventions devraient viser le soutien en santé mentale et la gestion du stress.

3) Les fugueurs avec implication de la police ont vécu davantage d’abus sexuels. Étant donné que cette typologie est liée à la théorie de la prise de risque post-traumatique, les interventions devraient se faire selon une approche sensible aux traumas.

En ce qui a trait le projet de recherche « Fugue 2.0 » qui s’intitule « Projets Fugue 14-17 ans », celui-ci va regrouper trois études différentes effectuée par une grande équipe de chercheurs :

1) L’étude 1 va porter sur la problématique de la fugue en centre de réadaptation et se fera en partenariat entre le milieu institutionnel et communautaire;

2) L’étude 2 va explorer la consommation de drogue et d’alcool lors des épisodes de fugue afin de distinguer les différents profils de consommateurs;

3) L’étude 3 va tenter de faire la lumière sur les éléments qui pourraient permettre la prédiction de la fugue et des comportements à risque chez les adolescents et adolescentes hébergés en centre de réadaptation.

Si le contenu de ce webinaire vous intéresse, son visionnement est accessible en consultant :

1) La page web de l’IUJD : https://iujd.ca/fr/activites-et-formation/activites-scientifiques-et-evenements/conferences-2020-2021

ou

2) La chaîne Youtube de l’IUJD : https://www.youtube.com/channel/UC86o8cmga1v8qTdASuOJhRg