Une étude sur le phénomène du désengagement policier au Québec

Le désengagement policier, « depolicing » ou « underpolicing » en anglais, est le phénomène par lequel des policiers se retirent de certaines interventions ou s’abstiennent complètement d’intervenir alors qu’ils auraient dû ou pu intervenir. Ce phénomène serait d’abord apparu aux États- unis.

L’École nationale de police du Québec (ENPQ) s’est demandée si ce phénomène avait traversé la frontière.

Une étude vient de paraître sur ce phénomène, et elle le confirme. La première partie du projet d’étude vise d’abord à comprendre la prévalence du phénomène de désengagement policier au Québec et ses causes.

L’étude repose principalement sur un questionnaire rempli par 186 policiers. Selon la chercheuse de l’École nationale de police, Annie Gendron, co auteure de l’étude, le désengagement policier s’évalue sur un continuum. Selon la chercheuse, « le cas typique d’exemple, c’est que les policiers vont volontairement éviter d’intervenir dans les quartiers plus racisés. Ou plutôt, par exemple, même s’ils étaient légitimés de le faire, vont éviter de donner une contravention. Ils vont éviter de le faire pour éviter de la contestation ou de générer une situation de crise qui pourrait découler d’un micro-événement. »

Les cinq principales causes nommées, dans l’ordre d’importance, par les policiers sondés pour justifier le désengagement sont :

  • Les craintes de répercussions ou de conséquences (notamment craintes de poursuite, d’être de conflit avec le public, de répercussions sur la vie personnelle, d’être filmé, et/ou d’être accusé de profilage ou de racisme);
  • Les critiques du public et la méconnaissance du métier de policier;
  • Le manque de soutien organisationnel ;
  • Le sensationnalisme médiatique ;
  • La perception du sentiment d’injustice.

Parmi les autres causes nommées par les policiers sondés, citons : l’influence des évènements américains, les doutes et remises en question, le manque de confiance, les compressions temporelles et manque de ressources policières, le mouvement Defund the Police, le manque de mentorat, la bureaucratisation du travail policier, le désillusionnement ou un sentiment d’inutilité, l’ambition d’avancement dans la carrière policière, le caractère imprévu et risqué de la fonction policière, et les évènements personnels traumatisants.

L’étude en est à sa première phase, deux autres phases suivront.

Publié le 30 novembre 2021, dans Actualités, et marqué , . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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