OJA: histoire d’un modèle d’intervention

Les Organisme de justice alternative (OJA), tels que nous les connaissons aujourd’hui, sont issus de projets expérimentaux à la fin des années 70, début 80.  À cette époque, certains projets de non-judiciarisation des jeunes délinquants commencent à émerger dans différentes communautés comme  Montréal,  Québec, Delson et  Victoriaville. À Montréal, le Programme de Travaux Communautaires (PTC) du Bureau de Consultation Jeunesse se voit confier le mandat d’expérimenter sur une période de trois ans la mesure de réparation que constitue les travaux bénévoles auprès de la communauté. Les objectifs de ce projet et des autres qui verront le jour  par la suite consistent à développer des mesures autres que judiciaires permettant de  traiter la délinquance tout en impliquant la communauté.

L’entrée en vigueur de la Loi sur la protection de la jeunesse en 1979 confirme ces objectifs et la légitimité de ces organismes s’intéressant au traitement de la délinquance des jeunes dans leur communauté. Nous assistons à la naissance de différents programmes de travaux communautaires et qui dit travaux communautaires dit aussi organismes d’accueil pouvant recevoir des jeunes afin de réaliser les travaux communautaires. Débute donc,  au même moment, les premiers partenariats avec différents organismes prêts à accueillir des jeunes contrevenants pour leur permettre  d’effectuer des travaux communautaires. À ce moment, les objectifs des travaux communautaires étaient notamment de répondre aux besoins des jeunes, d’impliquer les citoyens et de réparer les torts causés dans la communauté.

Il faut par contre attendre l’entrée en vigueur de la Loi sur les jeunes contrevenants, en 1984, pour  qu’un programme de mesures de rechange et qu’une entente de partenariat entre les organismes de justice alternative et les Centres jeunesse du Québec voient le jour. Un réseau d’organismes de justice alternative, responsables de voir à la réalisation des travaux communautaires est mis en place. C’est le coup d’envoi pour le développement d’autres mesures de rechange telles que la médiation et les groupes visant l’amélioration des habiletés sociales. Actuellement, le Québec compte 37 organismes de justice alternative qui offrent différentes interventions auprès des jeunes contrevenants, des victimes et de la communauté.

Il importe de souligner que l’adoption de la Loi sur l’aide aux victimes d’actes criminels en 1988 a fait une place plus importante aux victimes dans l’intervention auprès des jeunes contrevenants. De plus, en 1995, le rapport Jasmin intitulé  » Au nom de la loi et au-delà de la loi »  recommandait notamment d’accorder davantage de place aux victimes. Depuis 1995, des formations en médiation sont données aux intervenants des OJA dans le but d’impliquer les victimes dans le processus de gestion du conflit et ainsi permettre aux jeunes de réparer les torts causés auprès de celles-ci.

En 2001,  une entente-cadre est adoptée entre l’Association des Centres jeunesse du Québec et le Regroupement des organismes de justice alternative du Québec.  Cette entente définit la collaboration entre ces deux organismes et reconnaît le domaine de compétences et d’expertise de chacun d’eux.     

 

Publié le 7 octobre 2013, dans Actualités, OJA, et marqué . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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