Modèle RBR: le principe de risque

On s’est longtemps intéressé à ce qu’il était à l’époque convenu d’appeler la dangerosité, alors considérée comme un trait fixé de la personnalité.  Les cliniciens, pour évaluer ce trait, utilisaient des instruments élaborés à l’aide de facteurs de risque statiques; des facteurs, qui par définition, ne subissent pas de modifications au fil du temps et sont athéoriques (Andrews, Bonta et Wormith, 2006). Ce type de démarche est bien sûr très utile  lorsque vient le temps d’effectuer des interventions visant l’identification et la neutralisation des contrevenants ciblés comme étant dangereux. Toutefois, la neutralisation n’est qu’une fraction des interventions de réadaptation qui visent maintenant les contrevenants. Dès qu’il est question d’intervention de réadaptation, le terme dangerosité devrait faire place à une notion plus complète, et plus complexe parce que dynamique, celle de principe du risque.

Le principe du risque se distingue de ce qu’on appelle risque de récidive, qui techniquement ne consiste qu’en une quantification de la probabilité pour un contrevenant de commettre à nouveau une infraction. Le principe du risque inclut bien sûr l’évaluation des risques de récidive pour un contrevenant, afin de repérer ceux étant à haut risque. L’objectif poursuivi étant toutefois davantage  de cibler, en priorité, les contrevenants à haut risque dans le but de les exposer à des programmes d’intervention intensifs et efficaces, ultimement dans le but de réduire les risques que présente cette population (Andrews et Bonta, 2010).  Le principe du risque est donc avant tout déterminant du type d’intervention qui sera offert aux contrevenants. Les contrevenants les plus à risque de récidiver devraient recevoir les interventions les plus intensives, qui visent des caractéristiques bien précises, soient les besoins liés aux facteurs criminogènes. Quant aux contrevenants qui présentent des risques faibles de récidiver, ils ne devraient pas être exposés à des interventions intensives. Le principe du risque peut donc être représenté par l’association entre les risques de récidive évalués chez un contrevenant, l’intensité du traitement qui lui sera offert et les cibles d’interventions qui seront visées par ce traitement intensif. Andrew et Bonta (2010) affirment que le principe du risque est « le pont entre l’évaluation et le traitement efficace» [traduction libre, p.48, The psychology of criminal conduct, fifth Edition, Anderson, Cincinnati].

Nous venons de résumer le premier principe du modèle RBR développé par Andrew et Bonta. Le prochain article de cette série portera sur le second principe du modèle RBR, soit celui des  besoins liés aux facteurs criminogènes.

Publié le 3 janvier 2013, dans Actualités, Clinique, Recherche, et marqué . Mettre ce permalien en signet. 1 commentaire.

  1. Excellent Sophie, j’ai hâte de lire la suite !

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