Du risque de récidive à la réadaptation

Dans les dernières décennies, de nombreuses méta-analyses recensant les études portant sur la validation empirique de facteurs de risque ont été effectuées (Bonta, Law et Hanson 1998; Gendreau, Little et Goggin, 1996; Hanson et Morton-Bourgon, 2004). Aujourd’hui, l’ensemble de la communauté scientifique dans le domaine de la criminologie s’entend pour affirmer qu’il existe huit grands domaines significativement liés à la récidive, devant être la cible des interventions de réadaptation. Les huit domaines, maintenant reconnus comme des risques et des besoins liés aux facteurs criminogènes pouvant être associés à la récidive sont les suivants: comportements antisociaux dans le passé; personnalité antisociale; attitudes et cognitions antisociales; pairs antisociaux; famille et couple; éducation ou emploi; loisirs et activités récréatives; problèmes d’alcool ou de drogue (Andrews et Bonta 2010). Un changement dans l’un de ces huit domaines est directement associé à un changement dans le risque de récidive. C’est pourquoi il est profitable de viser ces cibles pour influencer la diminution de la récidive dans le cadre des interventions offertes aux contrevenants. Dans certaines situations, une diminution du niveau d’intensité de ces facteurs de risque pourrait mener à les considérer comme des facteurs de protection, contribuant à un risque de récidive plus faible pour un contrevenant.

Les travaux d’Andrews et Bonta (2010) établissent l’utilité d’évaluer les contrevenants. La démarche d’évaluation est bien sûr utile pour prédire la récidive, toutefois elle sert aussi à faire une intervention de réadaptation qui a pour but d’être efficace. Pour rencontrer cet objectif, il importe de s’intéresser aux principes suivants: risque et  besoins liés aux facteurs criminogènes (et/ou facteurs de protection) et réceptivité. Ces principes sont complétés par l’addition des principes de jugement clinique et d’intégrité thérapeutique. Ils sont parties intégrantes d’un modèle qui vise l’intervention efficace appelé RBR, en référant aux trois premiers principes: risque, besoin et réceptivité. Nous les définirons au cours des prochains jours dans une série  d’articles.  La démarche d’évaluation est donc utile pour prédire la récidive, mais sert aussi à optimiser les pratiques cliniques.

Publié le 18 décembre 2012, dans Actualités, Recherche, et marqué . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s