Vous avez dit «gang»?

Un article paru dans l’édition d’octobre 2012 de la Revue canadienne de criminologie et de justice pénale traite du sens porté au mot « gang » dans les grands journaux canadiens. Les auteurs, Chris Richardson et Liam Kennedy, ont répertorié plus de 3 900 fois le mot « gang » et ses dérivés (ganging, ganged) figurant dans le Globe and Mail, le Toronto Star, le Vancouver Sun et le Montreal Gazette. L’étude illustre que l’utilisation de ces termes dans les journaux réfère à des concepts et des événements forts différents. Tantôt utilisé pour décrire des actes de vandalisme, des complots terroristes, l’activisme religieux, des organisations criminelles autant que des groupes d’amis n’ayant aucun lien avec des activités criminelles, le mot « gang » et ses dérivés, semblent finalement vide de sens. Les auteurs mentionnent que l’absence de définition et de consensus autour de ce terme procure aux journalistes la possibilité d’utiliser les différents termes associés au phénomène lorsqu’ils les jugent appropriés.

Richardson et Kennedy soulèvent le problème suivant : compte tenu d’une absence de convention de sens autour du terme gang, les recherches sur la question se retrouvent en quelque sort sans objet d’étude. Ce constat n’est pas sans soulever un certain nombre de questions quant à la comparabilité de leurs résultats. Bien que les auteurs ne proposent pas de définition du mot gang, ils s’intéressent à la représentation courante de ce terme dans le journalisme canadien et à l’impact sur la population de l’utilisation (surutilisation) de ce mot dans le discours public.

À l’instar d’autres chercheurs américains et de travaux québécois sur la question, les auteurs suggèrent davantage de rigueur de la part de la communauté clinique et juridique dans l’utilisation de ce mot. Ils mentionnent que le mot gang est majoritairement utilisé de façon péjorative et étroitement associé à certains groupes d’individus minoritaires (ex. groupe ethnoculturel particulier, jeunes, groupes influents, etc.)Les auteurs font la suggestion suivante : Avant de se questionner sur qui est dans un gang, demandons-nous d’abord de quoi est-il question lorsqu’on réfère au concept de « gang ».

En lien avec l’article résumé ci-haut, Madame Chantal Fredette, de l’Université de Montréal, présente ses travaux, effectués dans le cadre de sa thèse de doctorat en criminologie, aux journées de formation en prévention de la criminalité, organisées par le ministère de la Sécurité publique du Québec. Madame Fredette développe actuellement une échelle visant à mesurer l’adhésion à la culture des gangs et évaluer son impact sur la nature, la prévalence et la gravité des comportements délinquants. Les travaux de Madame Fredette sont très prometteurs, car ils permettront entres autres de mieux cerner le concept d’association aux gangs et d’en faire une évaluation selon des critères prédéterminés.

Publié le 7 novembre 2012, dans Recherche, et marqué . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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