Le Québec et les jeunes contrevenants : que nous disent les statistiques?

De récentes données sur la criminalité au Canada, recueillies dans les dix dernières années, pourraient mettre en lumière que la philosophie d’intervention propre au Québec en matière d’intervention auprès des jeunes contrevenants contribuerait à protéger le public de façon durable.

Comme en témoigne un rapport du Centre national de prévention du crime du ministère de la Sécurité publique du Canada, publié en 2012 et intitulé Aperçu statistique des jeunes à risque et de la délinquance chez les jeunes au Canada, les taux de criminalité juvénile au Québec sont historiquement bas. Ils suivent une diminution et ceci d’année en année. Ces données sont vraies tant en ce qui concerne les taux d’infractions commises, qu’en ce qui concerne l’indice de gravité des crimes (IGC). En 2010, au Québec, l’ IGC * des crimes commis par les adolescents était le plus bas d’entre toutes les provinces et tous les territoires du Canada.

De plus, Statistique Canada dans un récent rapport publié en mai 2012 notait qu’au Québec, les causes portées devant les tribunaux pour adolescents se terminant par une sentence de garde avaient diminué. Dans les dix dernières années, les sentences de garde sont passées de 29 % en 2000-2001 à 16 % en 2010-2011. Notons que les causes se terminant par une sentence de garde sont deux fois moins importantes au Québec qu’en Ontario et elles se situent sous la moyenne canadienne. Seules trois autres provinces (Nunavut, Manitoba, Nouveau-Brunswick) ont des pourcentages plus bas que le Québec. La probation est d’ailleurs la peine la plus utilisée, non seulement au Québec, mais aussi dans le reste du Canada.

On peut interpréter que les mesures ordonnées tenant compte des caractéristiques de l’adolescent, du risque de récidive qu’il présente et des besoins criminogènes auxquels la clinique doit s’adresser, contribuent davantage à atteindre l’objectif de protéger la société, et ceci, de façon durable. Des sentences dans la collectivité, avec une attention portée tant à la neutralisation qu’à la réadaptation et à la réinsertion sociale, contribuent à protéger le public. La position des Centres jeunesse du Québec en matière d’intervention auprès des jeunes contrevenants est donc soutenue par ces récentes statistiques.

*Pour les détails permettant d’apprécier la méthodologie ayant permis de calculer l’IGC, consultez l’article Aperçu statistique des jeunes à risque et de la délinquance chez les jeunes au Canada

Publié le 30 octobre 2012, dans Recherche, et marqué . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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